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 A dream... My dream, that of a whole life.

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Alexandra Preston

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MessageSujet: A dream... My dream, that of a whole life.   Jeu 18 Nov - 20:12

« Tout était tellement coloré, tellement beau, chaud et frais à la fois. J’entendais un doux ténor mielleux, mais il était empli de tristesse et de malheur. Une âme vagabonde, seule, isolée. Même d’une infime partie de joie, de bonheur ou de rire ne pouvait pas l’atteindre…
Seule dans mon jardin, les cheveux gris, sur une chaise à bascule entourée par des enfants. Je ne sais pas si ce sont les miens ou ceux de mes enfants, si un jour j’ai eu ne serait-ce que le bonheur de donner la vie à un enfant. Si un jour j’avais imaginé cette vie faite de malheur et d’omissions, je me serais posée des questions… »

Les appartements les plus prestigieux et luxueux de toute la partie des logements des nobles. La vue sur les jardins, les plus beaux du monde, même ceux d’Angleterre pourtant sublimes ne pouvaient pas égaler ce paradis fait de fleurs et de verdures épanouies et flamboyantes, rayonnantes de beauté. La fenêtre de bois ébène était grande ouverte pour laisser passer la fraîcheur du matin et surtout regarder les fontaines en marche aujourd’hui. Le ciel était couvert de son or bleuté, sans aucunes taches blanches à l’horizon. Alexandra mourrait d’envie d’aller gambader dans les jardins et voir ce qu’il se passait dans les bosquets. D’après ce que cette écervelée avait entendu dire, il s’y passait pas mal de chose mais ne comprenant pas totalement la langue elle n’avait pas compris les sous-entendus des dames les plus virulentes de la Cour. Elle n’avait pas compris ce qu’il s’y passait réellement, et pourtant elle voulait voir… Le plaisir de la jeunesse. Agée de 15 ans maintenant et promise à un mariage avec un français, elle était bien immature. Toujours à gambader dans les jardins, à cueillir des fleurs et à essayer d’attraper les papillons. Elle était vraiment désespérante quand elle s’y mettait. Elle devait rencontrer son futur mari le matin même. On l’avait priée de s’habiller convenablement en toute élégance pour faire honneur à sa famille et à Mlle De L’Azenor, son mentor qui devait lui apprendre toutes les bases de l’étiquette française pour faire d’Alexandra jeune femme digne de devenir l’épouse d’un ce ces nobles, les plus puissants du pays voire même de l’Europe. Alexandra s’en alla faire sa toilette en habit de souillon mais revint avec une robe beige au bustier bordé de fleurs violettes, des escarpins blanc on ne peut plus raffinés, et avec les cheveux attaché en un élégant mais léger chignon. Elle était sublime. On aurait cru une princesse… Une vraie. Mlle De L’Azenor était très fière de son travail mais restait-il à lui apprendre à faire une révérence digne de ce nom sans vaciller.

On mit deux heures entières à lui montrer une belle révérence. Revenant de la Maison royale d’éducation de St Cyr la jeune Azenor repris l’enseignement de ses anciennes maitresses. Alexandra eu bien du mal à ne pas tomber, la jeune fille désespérait. Elle était certaine de ne pas être fait pour devenir française. Toutes ces règles, ces obligeances et puis ces histoires d’empoisonnements depuis son arrivée la faisait trembler. Mais lorsqu’elle fit sa première révérence sans tomber, elles reprirent espoir, elle et Azenor. Alexandra réussit à faire plusieurs fois de suite sa révérence sans trébucher, ou marcher sur sa robe en se relevant.

- I discouraged. Miss, have I enough time to go to trail round me in gardens before the arrival of my future husband?

Alexandra regardait son amie avec tendresse, cependant une once de supplications trahissait ses yeux bleus. Elle voulait absolument sentir l’air frais envelopper son visage d’ange, son visage d’enfant avant de rencontrer cet homme dont-elle ne connaissait rien et pourtant avec qui elle allait se marier et finir ses jours. D’autant plus que ne croyant pas à l’amour, Alexandra pensait être vouée à devenir malheureuse et à rester malheureuse jusqu’à la fin de ses jours mais si elle s’était doutée de ce qui allait lui arriver…
Mlle Azenor lui fit non de la tête. Elle savait bien que si elle laissait son amie partir ne serait-ce que quelques minutes, elle ne serait pas là quand Philippe T. de Réhan arriverait. Azenor le connaissait assez bien. Tout deux se fréquentaient plus ou moins avant. Il était très important pour la haute société française et après le drame survenu, les parents d’Azenor l’invitaient souvent pour lui changer les idées mais aussi pour faire affaire avec lui. Non sans idées derrière la tête de la part du père de la jeune femme.
On frappa à la porte. Les deux amies lissèrent leur robe et prièrent une domestique d’aller ouvrir et de préparer le thé. Un doux ténor remercia la domestique et arriva dans le salon. Azenor donna un léger coup de coude à Alexandra pour lui faire remarquer qu’elle n’avait toujours pas salué leur invité.

-Good… Er… Bonjour Monsieur. Dit-elle tout en effectuant une révérence tout en manquant de trébucher avec un accent très prononcé mais assez charmant. Mlle De L’Azenor salua elle aussi son ami s’excusa et prit congé. Elle voulait sans doute laisser les deux jeunes fiancés seuls pour qu’ils fassent plus ample connaissance.
Philippe était très beau. Les yeux bleus, des trais affreusement fin et délicat. Lui aussi on aurait pu avoir peur de le briser en le prenant dans les bras. Cependant, son visage d’enfant montrait une certaine souffrance et une certaine tristesse. Alexandra le trouvait particulièrement beau. Et puis il avait une voix très belle et douce quoique légèrement grave.

-Je vous en prie, asseyez-vous… Dit-elle doucement pour que son accent ne la trahisse pas.
Tu me parais si malheureux que mon désarroi n’est qu’une infime partie de ton malheur…


Dernière édition par Alexandra Preston le Ven 19 Nov - 8:55, édité 1 fois
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Philippe T. de Réhan

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MessageSujet: Re: A dream... My dream, that of a whole life.   Jeu 18 Nov - 23:55

    ♪ Hold Me ♪

    « We know we'ill never love. I just want to ask you something. Hold me. »

    Quelle belle vue. Quelle magnifique et superbe vue pouvait-on admirer depuis les Appartements réservés aux Nobles de Versailles. Le soleil qui brillait de mille feu, trônant dans son ciel d'azur, son éclat faisant miroiter l'eau des fontaines, comme si de petits diamants y avaient été incrustés. Le plus beau jardin d'Europe, ses allés bordés de mille et une fleur qui défiaient même la plus garnie des palettes, cette gamme soutenue du vert si intense. Même si en cette période de l'année, la seule chose qui tapissait le sol étaient les feuilles aux teintes rouges et ors, annonçant la mort prochaine de ce monde, de ses vents glaciaux et son élégant tapis blanc. Versailles se préparait effectivement à revêtir son beau manteau d'hiver. Patience, cela viendrait. Depuis combien de temps était-il là, devant les fenêtres impeccables de sa chambre, à admirer le soleil se lever pour percer enfin les ténèbres noirs de la nuit ? Trois bonnes heures. Les premiers rayons tels des pétales de rose effleuraient son visage, tandis qu'il était assis en peignoir sur un luxueux canapé de velours pourpre. Sans relâche, ses yeux bleus se perdaient sur la pelouse verte et humide des perles de rosée matinale, passant au travers des arbres nus à cette époque de l'année. Parfois, Philippe laissait ses paupières le bercer dans une torpeur, accentuée par la chaleur que produisait les braises rougeoyantes qui ronronnaient dans la cheminée de sa chambre. Seul leur crépitement brisait le silence parfait, mais si pesant. Philippe voyait les minutes qui passaient avec appréhension. Encore un pion de son côté. Un pion qui devait traîner dans ses pattes. Le jeune comte n'avait malheureusement pas pu refuser cette union. Il ne pouvait rien refuser à la famille Azenor, malheureusement. Pas par choix, mais par principe. C'est tout. Voyons le bon côté des choses. Peut-être que ce pion dont il ne savait strictement rien pouvait lui servir. Ses doigts effleurèrent délicatement les plaies encore brûlantes de douleur qui barrait son œil droit. Fermant les yeux, les mains expertes, il attacha derrière sa tête le cache-œil noir. Son visage et son regard se firent dure. Comme à son habitude. L'air du roi, du pion maître. Du dirigeant.

    Le soleil allait bientôt atteindre son zénith. Philippe s'était soigneusement habillé d'une chemise de soie blanche, une fraise ornant son coup, une veste de couleur bleue roi sur ses épaules, tenue qui mettait en valeur l'intensité océanique de ses yeux bleus. Ses cheveux restaient néanmoins en bataille, ses mèches tombant élégamment sur son front, masquant la partie droite de son visage qu'il essayait de cacher depuis bien longtemps. Mais à chaque fois qu'il y pensait, derrière cet air froid et dure, les plaies se refaisaient vives et saignaient abondamment. Pourtant, cela datait d'il y a plus de cinq ans. Il y a cinq ans oui, les cendres de son corps que les flammes de l'incendie avaient décidé de renaître sous un jour nouveau. Depuis toujours, et ça il l'avait appris seulement en voyant les corps mutilés de ses parents qui hantaient ses cauchemars... Étrangement, il avait l'impression d'entendre leurs cris et leur âme tourmentée dans le cristal bleue de la bague que les Réhan se transmettaient. C'était à la fois honorable et terriblement effrayant. Comme si tous ses ancêtres étaient avec lui. Peut-être était-ce dû à des hallucinations causées par les blessures encore profondes qui luttaient pour ne pas se panser. Peut-être qu'une fois mariée avec cette jeune femme dans son lit, les tourments voudraient bien le laisser vivre normalement. Même si l'envie n'était pas là. Philippe n'avait jamais pensé à se marier par amour, ça non, en aucun cas mais là... Il le faisait pour les Azenor. D'après la seule chose qu'il connaissait au sujet de sa fiancée, elle était anglaise qui plus était. La langue française était encore une difficulté pour elle. Manque de chance, Philippe ne connaissait rien de cette foutue langue où les syllabes étaient toutes mangées. De toute façon, il n'avait même pas envie de l'apprendre. L'heure approchait. Dangereusement. Philippe posa sa main sur la poignée d'or de la porte, s'enfonçant dans le long et sombre couloir qui l'emmènerait au luxueux appartement de la famille Azenor.

    Frappant sur la porte en bois de chêne vernis, un domestique vint lui ouvrir la porte, sa silhouette s'encadrant désormais dans l'entrée. Le jeune comte entendit des voix féminines demander aux domestiques d'aller préparer le thé pour leur invité. Philippe se permit d'entrer en saluant tout d'abord la comtesse Azenor, baissant légèrement le buste, puis la jeune femme à côté d'elle. Ses trais étaient fins, délicats et appliqués, ses cheveux de châtain clair relevé en chignon, sa peau blafarde éclairée par le soleil, des lèvres rouges et des iris bruns brillant. Il esquissa un petit sourire en remarquant que sa fiancée était plutôt jolie. Malgré tout, ce mariage arrangé était à contre cœur du comte, elle restait un pion dans ses pattes, un jouet même. Si elle s'attendait à des attentions douces et affectueuses de sa part, elle risquait fortement d'être déçu. C'était un bon jeu pour les faibles, et si il y avait une chose qu'il détestait, c'était bien montrer sa faiblesse. Elle allait certes être son épouse, mais elle resterait tout d'abord une femme qu'il connaissait un peu. Sa fiancé réagit lorsque Azenor lui décocha un léger coup de coude car elle ne l'avait pas salué.

    « Good… Er… Bonjour Monsieur. »


    Ils étaient mal partis si leur conversation devait se dérouler en anglais. Mais ayant été bien élevé, il la salua avec la même politesse que la comtesse, qui finit par sortir pour les laisser seuls, entre futurs mariés. Sa révérence fut bien exécutée, ainsi il remarqua la magnifique robe beige qu'elle portait, le décolleté orné par de délicates fleurs violettes. Leurs yeux se rencontrèrent, tandis qu'ils se dévisageaient.

    « Je vous en prie, asseyez-vous… »


    Ses lèvres remuèrent, sans aucune trace de son accent anglais qui perçait sa voix. Juste l'élégance à la française. On ne pria pas le comte pour prendre place sur les beaux canapés, une domestique arrivant pour leur donner leur servir le thé. D'un geste de la main, il la remercia, ses lèvres se posant sur la tasse en fine porcelaine de chine, de délicats motifs de fleurs dessus. Le liquide brûlant se mit à couler le long de sa gorge, lui procurant cet intense frisson chaud. Pendant quelques minutes, Philippe sirota tranquillement son thé, malgré le silence pesant et cette tension constante. Il se rendit compte qu'il ne savait même pas quel était le nom à placer sur ce joli visage. L'ironie de cette époque. Épouser une parfaite inconnue. C'est amusant d'un côté. Et moche de l'autre.

    - Dites-moi... Comment vous appelez-vous, mademoiselle ?


    Ténor de miel et politesse. Philippe Thomas de Réhan, déchiré par cette plaie saignante et ce tas de chair ensanglanté.
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Alexandra Preston

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MessageSujet: Re: A dream... My dream, that of a whole life.   Jeu 24 Fév - 22:51



You know so much about me yet,
what do I know you?



    Peur. Le mot qui qualifiait Alexandra à ce moment précis. Elle était morte d'inquiétude. Elle ne connaissait même pas le nom de celui qui allait devenir son mari. Tout ce qu'elle savait de lui c'était qu'il était affreusement beau. Les traits si fins de son visage auraient pu être sculptés avec un burin dans du marbre, la blancheur de son visage laissait paraître la souffrance, le briser semblait être aussi facile et inconséquent que de briser une allumette. Des yeux bleus reflétant la couleur de l'océan, du moins le seul que l'on pouvait voir, pour une raison inconnue, il avait cette chevelure étrange, grise mais avec les reflets intenses du soleil qui traversaient la large fenêtre, semblait bleue. Aussi bleue que son habit parfaitement ajusté à son corps masculin. Alexandra était troublée par une telle beauté. Face à face, il était juste devant la fenêtre, assis sur le fauteuil blanc. Il rayonnait. On aurait dit que le soleil avait envoyé ses rayons éclatants sur lui pour qu'il paraisse encore plus beau qu'il ne l'était déjà. Alexandra était une vraie gamine face à lui, elle avait l’air enfantin, un visage d’ange tel un nouveau-né. Elle avait peur de lui. Peur du mal qu’il pourrait lui faire. Du mal. Endurer la même souffrance que sa mère lui semblait inconcevable…

    Attirance. Ne pas croire en l’amour à quatorze ans ne veut pas dire ne plus éprouver la moindre attirance pour quelqu’un. Avec tellement d’atouts, comment, à 20 ans, ce jeune noble était encore seul, pourquoi n’était-il donc pas marié à une baronne, à une marquise… *You pull me physically but I feel nothing for you, I dislike these pleasures, however, I feel the need. What should I do?*. Rien que de penser au fait qu’elle soit attirée physiquement, qu’elle éprouve une certaine la dégoutait, la repoussait. Rien que de penser qu’elle pouvait avoir des rapports aussi jeune avec quelqu’un dont elle n’éprouvait rien…

    Poignard. Tranchant comme la lame du poignard le plus aiguisé possible, un ténor mielleux et politesse trancha le silence qui s’était installé depuis que les deux jeunes gens sirotaient leur thé versé dans de délicates tasse chinoise aux fleurs de lotus dessinées avec autant d’application que les trais dessinés sur le visage de Monsieur. *Blood and fire… I don’t want this situation… But I haven’t got choice*

    - Dites-moi... Comment vous appelez-vous, mademoiselle ?

    Inconnu. Ainsi il ne savait rien d’elle, rien lui non plus de la femme qui était assise en face de lui et qui allait épouser dans quelques jours à peine alors qu’il était le maître, le dirigeant, l’homme noble français à l’état pur. Alexandra avait entendu dire que les hommes français était pires que les anglais avec les femmes mais pouvait-on faire confiance à ces gens de mauvaises familles qui racontaient tout et n’importe quoi ? Alexandra n’avait que dire de ces messes basses et les ignorait. L’art et la manière d’ignorer, un atout bien utile à la cour de France, Alexandra allait l’apprendre à ses dépens. L’ironie de cette époque : les futilités, l’inconnu et le profit de la jeunesse des femmes.

    -Alexandra monseigneur. Alexandra Preston. Mais quel est le vôtre monsieur ?

    Politesse. Au risque de paraître grossière, l’occasion était trop belle, Alexandra ne put s’empêcher de demander le nom à mettre sur ce visage délicat à cet homme. On lui avait toujours apprit à parler d’une voix douce, polie, à paraître aimable en toute circonstances. Des valeurs inculquées par la Comtesse Azenor et par sa mère, sans compté le sens de l’honneur appliqué par son père, comme un corset impossible à enlever.

    -Monsieur, savez-vous ce qu’il va advenir ?

    Peur. Attirance. Tranchant.Inconnu.Politesse. Mariage. Des larmes s’échappèrent des yeux bleus de la jeune fille, telles des perles de glace. Elle ne pouvait pas contenir plus longtemps ses sanglots. Elle ne savait pas ce qu’elle allait devenir après son mariage. Elle ne savait même pas le nom de son fiancé, si elle allait revoir un jour sa mère, si elle allait être là le jour de son mariage, si elle allait être heureuse, à l’abri du besoin. Elle éprouvait une attirance sans précédent mais elle avait peur de cet homme qui avait pourtant l’air innocent. Alexandra ne pouvait plus attendre. Elle avait besoin de réponses précises. Tant de questions en attente, tant de questions sans réponses. Des questions qu’elle se posait depuis des mois, depuis le jour où elle savait qu’elle allait se marier dès l’âge de ses 15 ans qui allait arriver très vite. Trop vite…
    The sun shines, it does what we are. If you do not enlighten me, I am nothing...
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Philippe T. de Réhan

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MessageSujet: Re: A dream... My dream, that of a whole life.   Dim 6 Mar - 12:53

    Quelle exquise boisson qu'est le thé. Ce devait être la seule chose que l'on pouvait qualifier de positive dans cette entrevue. Philippe le dégustait à petite gorgée, fermant parfois les yeux pour en extraire toutes ses saveurs, s'enfermant dans sa propre bulle, loin de cette pièce où tension régnait. Cette fille était vraiment troublante. Bien sûr, il ne pouvait renier la finesse de ses traits, ses beaux yeux bleus, sa chevelure de miel qui tombait avec élégance sur ses épaules... En somme, la contradiction de sa beauté naturelle n'était pas encore envisageable, il avait une certaine chance de tomber sur une jeune fille assez jolie qui pourrait satisfaire ses désirs. Mais au-delà de son visage, de son physique, elle restait avant tout un pion qui traînerait dans ses pattes, l'empêchant de parer quoique ce soit et ce sera une certaine difficulté à surmonter. Comme tous les mariages de l'époque, rares étaient les nobles qui se mariaient par amour, et rares étaient les couples des mariages arrangés qui finissaient par s'aimer de façon sincère. L'innocence qu'il voyait sur le visage de sa futur épouse lui donnait l'impression qu'elle s'attendait à la deuxième solution : qu'ils finissent par s'aimer. Ce sentiment existait-il vraiment, où n'était-ce pas simplement une vague de chaleur qu'on perçoit douce ? En quoi se démarquerait-il si bien des autres, cet Amour ? Comme si la vie allait lui faciliter les choses, au contraire, ce mariage faisait partie d'une longue série d'obstacles. Si seulement Azenor ne s'était pas mêlée à cette affaire en servant de protectrice à cette petite, ils n'en seraient pas là. Aucun des deux. Et tout serait plus simple. Alors voilà, si la vie décidait de l'enquiquiner encore plus, rendre les choses plus simples en y mettant une dose d'amour semblait quelque chose d'irréalisable. Et ce serait irréalisable. Philippe refusait de ressentir quelque chose pour elle. De toute façon, à cet instant, le seul sentiment qu'il avait pour elle était une profonde indifférence, se contentant de simple politesse.
    Hm, quel délice... C'est de l'Earl Grey.

    « Alexandra monseigneur. Alexandra Preston. Mais quel est le votre monsieur ? »

    Philippe sourit, tout en riant intérieurement. Il revenait sur sa théorie de base, les mariages entre deux parfaits inconnus. Quelle ironie contemporaine. Ils allaient se marier, mais avant cette rencontre, ils ne savaient pas qui était qui. Bon, maintenant peut-être savait-il qu'elle s'appelait Alexandra Preston mais... Tout s'arrêtait là. Elle était là, devant lui dans sa robe avec quelques fleurs qui parsemaient son décolleté, le visage tendu, attendant je ne sais quoi. Azenor lui avait dit qu'elle n'avait pas encore seize ans, chose confirmée puisqu'elle semblait ne pas connaître beaucoup de la vie, exceptés peut-être les valeurs qu'on inculque aux jeunes filles dès leur plus jeune âge. Ce n'était pas plus mal de ne pas enseigner les textes romantiques dans leur éducation, au risque qu'elles fantasment sur l'amour, alors qu'il n'existait pas. Lui-même n'avait jamais songé à se marier, alors par amour encore moins. Il le faisait pour Azenor, c'est tout. Le pouvoir, il l'avait déjà. Tout serait pareil, mais avec elle, ce serait plus une course d'obstacles qu'une promenade le long de la Seine.

    - Philippe Thomas de Réhan.

    Sans vraiment se préoccuper du ton de sa voix, il avait simplement répondu, reportant son attention sur l'exquis Earl Grey qu'avait toujours Azenor lorsqu'ils se rencontraient. Le liquide sembla plus amère lorsque Philippe se rappela que cette jeune femme allait porter son nom. Bientôt, dans quelques jours à peine. La date restait encore floue, mais son très cher valet sera là pour lui rappeler qu'il lui faudra dire « oui ». Et à moins de se suicider pour retrouver sa liberté, il n'y avait pas trente-six issues. En fait, il n'y en avait aucune. De toute façon, d'eux deux, c'est elle qui risque d'en baver le plus. Frêle et fragile, que savait-elle de l'enfer de la cour ? Pas grand-chose. Que savait-elle de la vie ? Pas beaucoup plus, sans doute.

    « Monsieur, savez-vous ce qu’il va advenir ? »


    Sa voix tremblait comme une feuille sous la pression de ses sanglots qu'elle ne maîtrisait plus. Des larmes s'écoulèrent de ses yeux bleus, se brisant comme du cristal sur le tapis. Théorie confirmée, elle ne connaissait pas grand-chose. Elle était pathétique. Ou alors, elle compliquait grandement les choses, trop pour aller de l'avant. On vit dans le présent, pas dans le futur, ni dans le passé. Pourquoi s'inquiétait-elle ? Philippe avait de l'argent, des terres, un titre. Et cette gamine se faisait du soucis pour ce qui allait advenir ? Le comte serra les dents, se retenant de bondir sur sa fiancée pour lui rappeler à quel point la vie est un enfer. Elle commençait déjà à l'énerver, aussi resta-t-il assis, fermant les yeux sur ce spectacle, balayant de sa main l'accoudoir de son fauteuil pourpre. Inspirant et expirant pour résister à ses pulsions qui battaient à ses tempes. Avec ce genre de personne, il fallait rester calme, de marbre et directe. Si on considérait son attitude quant au post-mariage, elle devait s'attendre à des sentiments. Il avait passé l'âge des contes pour enfant, aussi n'y croyait-il pas. Comme il ne croyait plus en Dieu, ces sornettes des catholiques fourrés dans la tête du peuple. C'était abusif. Si Dieu existait vraiment, la vie serait plus belle. Or, si on se réferait à la Bible, ce serait plutôt un monde satanique. Au moins y aurait-il un avantage dans ce monde satanique qui croit en Dieu... C'est simple de manier les gens comme de vulgaires pions. Renier sa fois faisait de lui le roi de l'échiquier. Et ça, sa future épouse allait le comprendre bien vite.

    - Vous êtes pathétique... Il adviendra ce qu'il adviendra. Mais laissez-moi vous confier quelque chose...

    Son visage larmoyant s'afficha à lui. Elle ne semblait pas apte à attendre ce qu'il allait lui dire, elle serait effrayée, elle voudrait fuir sans aucun doute. Mais inutile de tourner autour du pot, autant la prévenir tout de suite, qu'elle ne s'imagine rien. Quel acte de gentillesse de sa part. Parlons directement.

    - Sachez que la vie est et restera, un enfer.


    Philippe caressait du bout des doigts le cristal bleu, assorti à ses iris océaniques. Il avait la preuve de ce qu'il venait de dire, à travers les cris tourmentés des âmes de ses ancêtres. De ses plaies saignantes et encore vives qu'il masquait.
    Alexandra était encore une enfant... Pourtant, seulement cinq années les séparaient. Mais lui, avait déjà vécu à douze ans.
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MessageSujet: Re: A dream... My dream, that of a whole life.   

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